Le côlon

Le côlon, tout un univers !

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  • Le ventre : un second cerveau

    Selon l’embryologie, les cellules nerveuses de l’intestin proviennent du même feuillet embryonnaire que celles du cerveau. A un moment donné du développement de l’embryon, des cellules nerveuses se séparent du cerveau principal pour migrer dans le ventre et former le Système Nerveux Entérique.
    Les neurones du système nerveux intestinal, au nombre de 200 millions environ, sont répartis dans tout l’intestin et produisent les mêmes neurotransmetteurs que le cerveau. Notamment la sérotonine qui influence nos états d’âme (95 % de la sérotonine est produite par les cellules nerveuses de l’intestin). D’après Michael Gershon, chercheur à l’Université de Columbia, le cerveau intestinal serait capable de se souvenir, il participerait à la phase des rêves pendant notre sommeil et constituerait la matrice biologique de l’inconscient.
    Par ailleurs, la muqueuse digestive constitue une véritable frontière entre le monde extérieur et l’organisme. Elle entre en contact avec de nombreuses molécules étrangères et toxiques (bactéries, virus, allergènes, toxines). Le Système Nerveux Entérique, très sensible, détecte la présence de ces indésirables, relaye l’information et intervient en réaction à une situation de danger pour déclencher sécrétions et propulsion motrice évacuatrice (par exemple des vomissements).  Le système digestif, lui, concentre 70 à 80% des cellules du système immunitaire et semble diriger en grande partie le dispositif de défense de l’organisme.
    Le système nerveux entérique se reflète en miroir dans le système nerveux central et vice versa. Ils communiquent constamment par le biais du nerf vague, mais sans perdre leur indépendance. Ainsi, lorsqu’une maladie ou une lésion affecte l’intestin, le cerveau encéphalique, par le biais des neuromessagers, en est aussitôt informé et prend la relève. La communication fonctionne en double sens, les maux de l’un peuvent aussi affecter l’autre.
    Notre abdomen, associé traditionnellement aux fonctions d’assimilation et d’élimination des aliments, est aussi le siège des fonctions d’assimilation et d’élimination des émotions. Le cerveau entérique du ventre façonne nos émotions et, en retour, est affecté par ces dernières. Par l’intermédiaire d’une chaîne de neurotransmetteurs et d’autres substances psychoactives endogènes, le cerveau entérique peut faire naître du découragement ou de l’enthousiasme, de l’impuissance ou du plaisir, de la dépression ou de l’accomplissement… Pourvu d’une mémoire, notre ventre garde en archive toute notre vie émotionnelle.
    Selon Gershon, nos deux cerveaux (le cerveau d’en haut, celui de notre tête, l’encéphale et le cerveau d’en bas, celui de notre ventre, le cerveau entérique) doivent coopérer en permanence. La Santé est donc le résultat d’un équilibre harmonieux entre les deux.

 

  • Le côlon, une autre notion du temps

    Notre repas passe 3 à 6 h dans l’estomac, ensuite il va continuer à être digéré pendant 3 à 6 h au niveau de l’intestin grêle avant de passer dans le côlon où il y restera entre 6 à 12 h. Le fonctionnement du gros intestin est très lent :
    – 5 h dans le côlon ascendant (réabsorption d’eau et d’électrolytes, fermentation des glucides non digérés),
    – 2 h dans le transverse (solidification des excréments),
    – 4 h dans le côlon descendant (transformation des protéines),
    – 3 h dans le sigmoïde,
    – 0 h dans le rectum qui n’est rempli que lors d’un mouvement de masse.

 

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  • D’un point de vue anatomique

    Le gros intestin ou côlon représente la dernière partie du tube digestif. Long d’environ 1,50 m et de diamètre variable (8 cm au niveau du côlon ascendant, 5 cm au niveau du côlon transverse, 3 à 4 cm au niveau du côlon descendant), il est constitué de plusieurs parties :
    – Le caecum faisant suite à l’intestin grêle et abouché à celui-ci par la valvule iléo-caecale, valve « anti-retour » empêchant l’eau acheminée pendant l’irrigation de refluer vers l’intestin grêle.
    – Le côlon ascendant ou côlon droit qui remonte en direction du foie et formant sous celui-ci un angle droit appelé angle hépatique.
    – Le côlon transverse qui passe sous le nombril et remonte légèrement vers la gauche en direction de la rate formant sous celui-ci l’angle splénique.
    – Le côlon descendant ou côlon gauche qui descend verticalement.
    – Le côlon sigmoïde constitué de deux tournants en forme de Z.
    – Le rectum qui constitue l’extrémité du gros intestin et qui débouche vers l’extérieur par l’anus.
    Le côlon possède de nombreuses cavités musculaires formant des poches ou replis appelés haustrations. Si tous les replis de la muqueuse intestinale étaient étalés, cette dernière couvrirait une surface d’environ 100 m2. Ces faisceaux musculaires, par contractions lentes, permettent l’avancement des selles le long du gros intestin facilité également par la présence de mucus tapissant la paroi colique sécrété par de nombreuses glandes.
    On peut donc comprendre qu’anatomiquement, avec la présence des coudes ou angles et de tous ces replis muqueux, des encombrements et stagnations de résidus sont possibles. L’intérêt de l’eau d’irrigation est donc d’aller déloger les résidus coliques qui s’insèrent dans les moindres replis.
    La muqueuse du côlon est très mince : entre 0,025 à 0,030 mm. Elle est constituée d’une couche unique de cellules séparant le contenu de l’intestin des multiples capillaires sanguins et lymphatiques. On conçoit donc facilement sa délicatesse et l’importance d’en maintenir l’intégrité. S’il celle-ci n’est pas saine, les toxines et toxiques peuvent facilement la traverser et par là même nous fragiliser.

 

  • D’un point de vue physiologique

    Le côlon n’est pas seulement qu’un organe de passage des selles, il est aussi :
    – le siège d’échanges : il synthétise la vitamine K et la vitamine B, maintient l’équilibre hydrique par réabsorption d’eau et de sels minéraux (sodium, chlore) ;
    – une zone de production de mucus protecteur de la muqueuse et facilitant la progression des selles,
    – un acteur primordial de l’immunité,
    – le siège d’une flore bactérienne anaérobie permettant :
    • la dégradation de la cellulose (dans la partie ascendante) et des protéines (dans la partie descendante),
    • la production de substances antibiotiques, antifongiques, antivirales,
    • le maintien d’un pH entre 6,8 et 7
    • la neutralisation de divers éléments toxiques.
    Bref, ce microbiote colique, véritable petite « usine » à lui seul joue un rôle de protection dans le maintien de l’intégrité de notre système digestif. Sans ce microbiote, nous ne pourrions pas vivre.

L’irrigation du côlon ne détruit pas la flore. Par l’eau, va être éliminé un certain nombre de bactéries qui se reconstituent dans les heures qui suivent et de façon plus équilibrée.

 

 

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